DU 18 JUIN AU 29 SEPTEMBRE 2019 – Fondation Henri Cartier Bresson – rue des Archives – Paris

Écrivain respecté aux États-Unis, l’américain Wright Morris (1910-1998) innove lorsqu’il entreprend ses campagnes photographiques, cherchant très tôt à « capturer l’essence du visible ». La Fondation HCB propose pour la première fois en France, sa double vision photographique et littéraire de l’Amérique. L’exposition est constituée de tirages, ouvrages et documents issus de l’Estate of Wright Morris à San Francisco.

Wright Morris passe son enfance balloté entre le Nebraska, Chicago, les fermes de ses oncles et de longs périples à travers l’Amérique avec son père. À 23 ans, il voyage en Europe et décide, à son retour, de se consacrer pleinement à l’écriture. Il réalise rapidement que la photographie pourrait saisir ce qu’il tentait jusque-là de «capturer avec des mots». Cette recherche formelle donnera naissance à son premier «photo-texte», The Inhabitants (1946), dans lequel les textes de fiction sont combinés à des photographies principalement réalisées dans le Nebraska, où il puise ses racines.

À la différence de ses fictions souvent centrées sur des personnages flamboyants, ses photographies ne montrent quasiment jamais personne. Pourtant, beaucoup de vie transpire entre les chaises (omniprésentes), les miroirs, les voitures ou même les architectures de bois (fondamentales).

Les photographies de Wright Morris sont comme enracinées dans le territoire, habitées d’une simplicité désarmante tout en conservant un caractère énigmatique, celui des lieux et des objets dans leur nudité qu’aucune personne n’anime. Or, il s’agit bien d’une célébration du vivant: chantre de l’intime, Wright Morris rend visible l’invisible et ce paradoxe est probablement le plus beau geste de la photographie.

L’exposition est accompagnée du catalogue
de l’exposition L’essence du visible ainsi que du recueil de textes Fragments de temps, publiés aux Éditions Xavier Barral.

COMMISSARIAT: Agnès Sire.