«Moroccan Graffiti». C’est une série de photographies qui se fonde sur l’esthétique de la « troisième image ». Celle qui résulte, lors d’un diaporama, de la projection en fondu enchaîné de deux images. Techniquement, cette écriture photographique qui évoque le palimpseste repose sur la surimpression d’images directement à la prise de vue sur film argentique. L’auteur éprouve un attachement sensible et sensuel à la matière rebut, aux graffitis oblitérés ou tenaces, aux fragments d’affiches lacérées, à la rouille, au délabrement des murs, à la ruine… et à tout ce qui révèle l’implacable travail d’érosion du temps. Cette alchimie coloriste, plastique et manifestement maniériste de la troisième image donne lieu à des rencontres formelles et graphiques dont le décalage par rapport à la réalité bouleverse notre sensibilité visuelle habituelle.
Benkirane Thami est né à Fès le 21 décembre 1954. Autodidacte, il pratique la photographie depuis 1976. Actuellement, il est professeur universitaire spécialiste des sciences du langage et de phonétique expérimentale. Il enseigne également la photographie en tant qu’art visuel en relation avec la littérature. Il a à son actif plusieurs expositions individuelles et collectives au Maroc et à l’étranger (Algérie, Tunisie, Liban, Iran, Mali, France, Allemagne). Il a participé en tant que photographe à l’année du Maroc en France en 1999, à la cinquième édition des rencontres internationales de la photographie de Bamako au Mali en 2003. Il a participé à l’exposition inaugurale (2014-2015) du musée Mohammed VI d’art moderne & contemporain de Rabat.
Parmi ses expositions les plus récentes :
– « Codes-barres de la pesanteur » au Fab Lab NegPos à Nîmes en France (décembre 2015- janvier 2016).
– « Fès et gestes », Festival Arabesques, Montpellier, France, mai 2016.
– « Espace public, espace privé », Rencontres Photographiques de Rabat, mai-juin 2017, Bab Rouah, Rabat.
– « L’ivre lumière du livre », Institut français de Fès, 24 novembre-31 décembre 2017.