Noire Méditerranée. Théo Combes. du 3 novembre au 5 décembre 2021. Château d’Eau de Toulouse. Toulouse – France
Jeune photographe français parmi les plus prometteurs de la scène émergente, Théo Combes est le lauréat du Prix Laurent Troude 2020. La série « Noire Méditerranée » se déroulant entre Port-Bou et Menton est un voyage qui est un questionnement ouvert, une recherche de signes, une façon d’aller à la rencontre des autres, de se laisser aller aux surprises, de profiter d’un éclat de lumière, d’interroger des espaces. Un récit méditerranéen qui met de côté, le temps d’un instant, une actualité douloureuse ayant transformé la mer en un théâtre de tragédies humanitaires. Parcours, mer, architecture, ciels, personnages, aucune hiérarchie entre des genres ou des situations, simplement des notes, des sentiments, des souvenirs d’instants particuliers. Le langage est spontané, privilégiant le noir et blanc, retraçant les souvenirs d’instants particuliers.

«Noire Méditerranée», c’est le reportage qu’avait proposé Théo Combes quand il a candidaté à la première édition de la Bourse Laurent Troude. Soutenue par Libération, la SAIF, Divergence Images et ImageSingulières, elle récompense un jeune photographe pour un sujet mené sur le territoire français. Pendant un an, Théo Combes a cherché les lieux, les visages, les traditions qui disent les traces de l’immigration espagnole, russe, maghrébine, sur la côte méditerranéenne de Port-Bou à Menton. A Port-Bou (première photo), Walter Benjamin, fuyant l’Allemagne, s’est donné la mort dans sa chambre d’hôtel le 26 septembre 1940. A l’autre bout, à Menton en 2015, où ont été rétablis les contrôles à la frontière, les migrants doivent emprunter les sentiers montagneux parfois avec l’aide des habitants de la Vallée de la Roya. Entre les deux points géographiques et temporels, Argelès-sur-Mer où plus de 200000 Espagnols fuyant le franquisme ont été détenus pendant la Deuxième guerre mondiale; le camp de Rivesaltes devenu un lieu de cantonnement des Harkis après 1962; Marseille au visage cosmopolite. L’itinéraire de Théo Combes, qui scrute l’empreinte des migrations successives sur le pourtour méditerranéen, va se poursuivre encore. Un beau voyage en noir et blanc, dans les regards et les décors.

